Ce jour-là.
Je me souviens du jour où je suis mort.
Il faisait beau et chaud. J’avais la musique de mon iPod© dans les oreilles, je me promenais sur les Champs en chantant « Feeling good » de Nina Simone. Je venais d’acheter un album en import de Delerium. J’étais content. Je n’ai pas vu la voiture arriver à vive allure vers moi lorsque j’ai traversé. Anesthésié par la musique et concentré sur l’ouverture du disque, je n’ai même pas entendu le crissement des pneus.
Puis plus rien.
Pas le temps de voir ma vie défiler sous mes yeux. Pas le temps d’avoir peur non plus.
J’ai toujours eu une vie déconnectée de la réalité. La mort a choisi une situation qui me ressemblait.
La deuxième fois où je suis mort, j’étais avec un ami chez lui. On regardait un épisode de « Sex & the city », celui où Carrie revient vers Mr Big avec un McFish© et que celui-ci lui annonce qu’il part vivre à Paris. La douleur exquise.
On mangeait de la glace Häagen-Dazs© après un repas peu recommandable au niveau équilibre alimentaire. A l’aide d’une cuillère chacun, on commençait à se battre en tartinant l’autre de crème vanille/amande. Recouvert de glace collante et dégoulinante sur la moitié du visage, nous avons commencé à partir dans une crise de fou rire interminable.
La crise de rire s’est terminée lorsque j’ai commencé à étouffer à cause d’une amande coincée dans la gorge. Le rire est parti, l’amande est restée.
J’ai toujours voulu une vie à couper le souffle. A défaut de la vie, c’est la mort qui a réalisé mon désir.
Je me souviens également de cette fois où je marchais dans la nuit dans Paris. Je venais d’avoir une épiphanie, je réalisais enfin que j’étais toujours amoureux de lui. Je marchais rapidement vers son appartement, les yeux embués, le cœur prêt à lâcher, la tête pleine de fantasme sur les retrouvailles… En arrivant dans la rue où il habitait, je n’avais pas vu les quatre personnes qui m’avaient suivies. Ce n’est qu’en me retournant la deuxième fois que j’ai vu la réflexion de la lumière sur le couteau que l’un d’eux avait dans la main. Trop tard.
La dernière fois où j’ai ouvert les yeux, je fixais la lumière provenant de sa fenêtre. J’aurais du remercier mon assassin de m’avoir laissé dans cette position, je n’aurais pas voulu d’autre dernière vision.
J’ai toujours aimé le théatre, j’aurais fait une très bonne drama-queen. J’ai attendu le dernier acte pour montrer mon talent.
J'ai une mémoire sélective.
Ouch I have lost myself again
Lost myself and I am nowhere to be found
21/09/07 - 11:20
mayhem