Le jour où la guerre est arrivée...
Le problème des hommes de ma vie, c’est qu’ils ne sont pas au courant qu’ils le sont…
Samedi soir. 23h30. Après avoir essuyé deux échecs (oui, les échecs s’essuient après avoir bien trempé) par un seul homme de ma vie dans un bar lugubre et sordide du Marais, je décidais de reprendre ma vie en main après cinq grandes minutes à déprimer à cause des interrogations habituelles de remise en cause (« que vais-je faire de ma vie ? », « Qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? », « Quand trouverais-je l’amour ? », « Quand est-ce que les cacahuètes vont être resservies ? »).
Doté d’une force surhumaine, je sors du bar, traverse la rue… et arrive dans le bar juste en face.
Nouveau bar, nouvel espoir (la rime est presque parfaite, le destin pourrait s’y laisser prendre).
Ambiance sympa, hahaha, je retrouve des connaissances à qui je n’ai rien à dire mais qui sont tellement douées que la conversation part d’elle-même.
Comme un grand rebelle, je sors dehors avec ma bière et rejoindre les amis fumeurs. Finalement, il y a plus de gens à l’extérieur qu’à l’intérieur, on pourrait presque mélanger nos sueurs. Un serveur sort et me dit que je dois laisser ma bière à l’intérieur. Rebelle mais pas kamikaze, je rentre donc déposer ma bière.
Au moment de ressortir, toute l’action passe au ralenti. Mon pied gauche ayant oublié la présence de la marche à l’entrée du bar, je me retrouve en train d’imiter une figure de patinage artistique au nom imprononçable, sachant pertinemment que la chute est inévitable. Je me retrouve donc cul par terre (« faites l’étoile !» qu’ils disaient…) devant 25 fumeurs au regard tourné vers moi, pauvre victime du destin (ça m’apprendra à faire des rimes, tiens !). C’est pendant ces dures épreuves que la notion de stoïcisme prend tout son sens. En tombant par terre, j’étais un peu devenu l’étudiant de la place Tian An Men qui se faisait tiré dessus par 25 regards (multipliés par deux, ça fait 50 yeux) d’homosexuels drogués à la nicotine.
Je venais de connaître la guerre et la répression.
Depuis ce fameux samedi, je ne traîne plus que dans les soirées lesbiennes. Quitte à se casser la figure, autant que cela se fasse avec des femmes qui sont trop viriles pour être les hommes de ma vie.
20/03/08 - 13:09
"Nouveau bar, nouvel espoir"
Ça résume assez ma vie. J'aime beaucoup.
mickych